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30 novembre 2008

Un peu d'histoire ... Episode 4.1 : Prélude d'une défaite

19 juillet 1870-10 mai 1871, c'est durant cette période que s'est déroulée la première guerre franco-allemande. A peine dix mois d'un conflit, aujourd'hui largement occulté et supplanté dans nos esprits par la saignée de 1914-1918 et l'apocalypse de la seconde guerre mondiale. Mais pour les contemporains, la terrible défaite de Sedan, aussi soudaine qu'improbable ; les capitulations de Metz et de Paris et l'invasion du territoire national, ont profondément marqué les esprits. Victor Hugo évoque "l'année terrible" dans une de ses formule restée célèbre.

Avant le lever de rideau sur l'acte final du drame qui va se nouer autour de Sedan, il nous faut évoquer succinctement le déroulement des évènements qui nous conduisirent à cette situation.

Au cours du mois de juillet 1870, la tension monta d'un cran suite à la candidature d'un Hohenzollern à la couronne espagnole. La France obtint toute satisfaction dans cette affaire, mais comme elle demanda des assurances écrites pour l'avenir, la publication par la presse d'une dépêche, " la fameuse dépêche d'Ems" dont le texte original fût modifié par le chancelier Bismark provoqua la colère des Français et conduisit Napoléon III à déclarer la guerre. BismarcketNapoleonIII.jpg

Reproduction d'une œuvre de Wilhelm Camphausen.

Ce document est-il à l'origine de la guerre, la question reste posée, car celui-ci est publié en France le 15 juillet, et il semble établit que le gouvernement français avait pris la décision secrète d'une mobilisation le 13. Certes, selon une expression, "la mobilisation n'est pas la guerre", néanmoins elle y conduit, en fait, la publication de la dépêche vient à point nommé.

Ensuite, tout s'accélère, les crédits militaires sont votés, la mobilisation est générale, le 19 juillet, la France déclare la guerre.

Les premières opérations ont lieu aux frontières, le dispositif français s'articule autour de deux armées : l'armée de Lorraine commandée par le maréchal Bazaine et l'armée d'Alsace, commandé par le maréchal de Mac-Mahon.

 

Macmahon.jpg

Photo issue de Wikipédia

La mobilisation s'est faite dans l'improvisation, il y a de nombreuses carences dans le dispositif, les informations qui parviennent aux commandants en chef sont insuffisantes et souvent contradictoires. Devant cette situation, plutôt que d'attaquer rapidement, les troupes françaises restent l'arme aux pieds.

Le premier choc a lieu le 4 août et se solde par une défaite.

Après une série de batailles, à la fin du mois, la situation est la suivante : l'armée d'Alsace s'est repliée vers le camp de Châlons sur Marne, l'armée de Lorraine est retranchée dans Metz.

 soldats francais.jpg

Afin d'éviter l'encerclement de celle-ci, on envisage la manoeuvre suivante : les troupes enfermées dans Metz se replieront en direction de Verdun, une armée de secours partira de Châlons et sera chargée d'assurer la jonction.

Le 21 août, Mac-Mahon quitte Châlons et marche en direction du nord.

Tout dépend désormais de Bazaine.

Le problème est qu'il ne fera jamais mouvement, mais cette information capitale ne parviendra pas à l'armée de secours car à compter du 20 août, Metz ne communique plus avec l'extérieur.

Du côté ennemi, on progresse en direction de Paris, des éclaireurs s'approchent du camp de Châlons vide de troupe et devinent qu'elle remonte vers le nord. Un exemplaire du journal "Le temps", daté du 24 août, tombe entre les mains allemandes et confirme les informations recueillis sur le terrain.

histoire,ardennes

Tableau issu de Wikipédia

* Ulhans : lanciers prussiens

L'état-major réagit promptement, l'ordre est donné d'abandonner la route de la capital et de se diriger vers le nord-ouest.

En quelques jours, le général Moltke a placé ses armées en position avantageuse. Il dispose d'une supériorité numérique et menace le flanc droit de Mac-Mahon. celui-ci, conscient qu'il court à sa perte, demande l'autorisation de se replier sur la place forte de Mézières. Le gouvernement refuse. En soldat obéissant, le Maréchal s'incline, il est pris au piège.

 

A suivre ...

 

Source : Le guide des Ardennes de Yanny Hureaux, éditions La Manufacture.

La guerre de 70 de François Roth, éditions Fayard.

11:12 Écrit par Virginie dans Histoire des Ardennes | Commentaires (2) | Tags : histoire, ardennes |

Commentaires

Une triste période de l'histoire de France...et ta région en a subi les conséquences!

Écrit par : Kristin | 30 novembre 2008

Merci pour ce rappel historique et bon dimanche

Écrit par : Xavier | 30 novembre 2008

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