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16 mars 2009

Les simples du jardin médiéval

Voici une série de trois articles consacrés aux plantes que l'on pouvait trouver dans un jardin médiéval. Je commence avec les simples. Viendront ensuite les fruits et légumes et enfin les fleurs.

 

Je reviens un instant sur le domaine de Bois-Richeux. Ce jardin, créé à partir de rien grâce à des illustrations et autres enluminures de l’époque, permet de mieux comprendre la symbolique du Moyen-Age où le potager incarnait le paradis terrestre. Les préaux, ces carrés cernés de plessis ou de buis, représentaient le travail de l’Homme qui, en élevant la terre au-dessus de la matière, haussait son âme vers Dieu. Ces préaux sont plantés de légumes, de fleurs et de simples : oignon, courge, romarin, lavande, tanaisie, lis de la Madone, sauge, thym …

 

simples,plantes médicinales,jardin médiéval,potager médiéval,tanaisie,houblon,hysope,guimauve,agripaume,rue,sauge,camomille,rosierAu Moyen-Age, les simples servaient à soigner et à joncher le sol de la maison pour parfumer en été. On utilisait la tanaisie par exemple (Tanacetum vulgare) comme insecticide.

 

 

 

 

simples,plantes médicinales,jardin médiéval,potager médiéval,tanaisie,houblon,hysope,guimauve,agripaume,rue,sauge,camomille,rosierL’hysope (Hyssopus officinalis) bordait les jardins monastiques. Elle était utilisée pour ses vertus médicinales mais aussi pour sa floraison d’un bleu lumineux et son feuillage aromatique à la saveur piquante, très utilisé en cuisine. Cette méditerranéenne requiert un emplacement chaud, sec, et tolère le calcaire.

L’hysope existe aussi en blanc (H. albus) et en rose (H. ‘Roseus’).

 

 

 

 

Althaea_officinalis.jpgLa guimauve (Althaea officinalis) est une plante spontanée dans nos fossés qui ressemble à la rose trémière (A. rosea), d’origine plus lointaine. Si ce n’est qu’il s’agit d’une vivace et qu’elle aime un sol humide. Classée parmi les « herbes à pot » du potager sous Charlemagne, elle avait maints usages médicinaux (vertus adoucissantes, pectorales …). La guimauve n’a rien à voir avec la pâte du même nom ! La voici en compagnie d’un rosier Rosa sericea omeiensis. Il existe une variété blanche, rare, A. officinalis 'Alba'.

 

 

simples,plantes médicinales,jardin médiéval,potager médiéval,tanaisie,houblon,hysope,guimauve,agripaume,rue,sauge,camomille,rosierGracieuse plante des friches et des haies ; l’agripaume cardiaque (Leonurus cardiaca) produit en été ses inflorescences démesurées qui dépassent 1,20m de haut. Mais avant, elle exhibe un feuillage denté de toute beauté et des fleurs roses s’épanouissant en grappes. Il lui faut du soleil ainsi qu’un sol calcaire ou caillouteux. Tonique du cœur, l’agripaume est aussi un remède relatif à la thyroïde. Parmi les jolies simples déjà cultivées au Moyen-Age, retenez également la pulmonaire (Pulmonaria) ou la consoude (Symphytum officinale).

 

 

simples,plantes médicinales,jardin médiéval,potager médiéval,tanaisie,houblon,hysope,guimauve,agripaume,rue,sauge,camomille,rosierDans les jardins de monastères carolingiens, le houblon (Humulus lupulus) figure parmi les « herbes à pot », avec le souci ou la guimauve. Peut-être consommait-on ses pousses à la façon des asperges, comme les Romains ? C’est bien après que cette plante aux vertus médicinales a servi à aromatiser la bière. Le houblon ‘Aureus’, au feuillage jaune doré, est idéal pour éclairer la mi-ombre.

 

 

 

simples,plantes médicinales,jardin médiéval,potager médiéval,tanaisie,houblon,hysope,guimauve,agripaume,rue,sauge,camomille,rosierEt enfin, introduite par les Romains, la rue (Ruta graveolens) est connue pour ses propriétés abortives. Mais gare à son feuillage très aromatique qui provoque des brûlure cutanées par temps chaud. En usage médicinal, la plante est toxique à forte dose. Cette méditerranéenne se contente de soleil et d’un talus sec. Elle fleurit jaune en début d’été. Il existe la rue ‘Jackman’s blue’ au feuillage bleuté et ‘variegata’ aux feuillage panaché de crème.

 

 

Jardin médiéval 1d.jpg

Sur cette photo, seules, la rose, la camomille et la grande mauve (Malva sylvestris) figuraient dans les jardins monastiques médiévaux. La capucine n’avait pas encore franchi le Pacifique ! Sauge officinale, romarin et laurier sauce (ici sur tige) étaient déjà là, mais sans doute pas l’alchémille, rapportée d’Asie mineure. Pas de calament (Calamintha nepeta) non plus, aligné derrière les capucines et les petites pensées (Viola) ; le remplaçait alors une autre médicinale, l’herbe-aux-chats (Nepeta cataria). Cela dit, les jardins médiévaux d’aujourd’hui sont "d’inspiration médiévale" ! Difficile de les reproduire fidèlement du fait qu’il existe peu de documents … et puis on adapte aussi en fonction des goûts de chacun, de la terre et du climat …

 

Vous trouverez une liste sur ce site : Les potagers fleuris

 

Les autres articles :

2. Les fruits et légumes du jardin médiéval

3. Les fleurs du jardin médiéval

 

A suivre ...

 

L'aventure continue, retrouvez-moi sur le blog du site : Les jardins d'Arduinna.

03 septembre 2008

Le jardin des simples

Le jardin, à l'époque médiévale, est un espace clos (Hortus conclusus) d'abord utilitaire où l'on fait pousser les fruits et les légumes. Outre les vergers, les jardins du Moyen-Âge sont des potagers (Hortus potager), des jardins de simples et des jardins de plantes tinctoriales.

 

Nous nous intéressons aujourd'hui au jardin des simples ou herbularius. C'est un jardin dans lequel on cultive des plantes médicinales (simplicis medicinae, simplicis herbae). Il s'agit d'une herbe ou d'un remède constitué d'une seule substance. D'où le nom de simple par opposition au mélange composé ou alambiqué de la médecine savante.

 

ea13642895bbc3d10c31c9638078e71e.jpgL'abbesse Hildegarde von Bingen (1099-1179) décrira près de 300 végétaux dans son grand livre des simples du Moyen-Âge.

 

Le jardin médicinal est omniprésent dans les monastères chrétiens.

Pendant des siècles, les Hommes ont cru en des correspondances magiques entre les plantes et d'autres éléments naturels. Ainsi, les moines seront attentifs à ces similitudes et tenteront de soigner à l'identique, à l'instar de Galien, pharmacien de l'Antiquité qui pensait soigner par le contraire. Par exemple, les feuilles de bourrache ont une forme qui rappelle celle des poumons, on les utilisera donc contre les maladies de poitrine.

Un grand nombre de simples ont vu leur vertus supposées se confirmer par la science moderne, d'autres se sont révélées être de simples superstitions et il en est d'autres encore à propos desquelles on s'interroge encore aujourd'hui.

 

e3b326af0aabac9408914347d05c3087.jpgOn ne cultivait pas dans les herbularius uniquement des simples, mais on les associait souvent aux plantes aromatiques et condimentaires. D'ailleurs une bonne partie avait aussi des vertus médicinales.

 

Précisons que la culture des plantes médicinales ne suffisait pas à couvrir les besoin de la communauté, qui soignait ses propres moines mais aussi une foule de nécessiteux. On suppose que nombre de plantes aromatiques et médicinales étaient cultivées et cueillies à l'extérieur du monastère. L'abbaye payait des cueilleurs, achetait des plantes exotiques, et il existait un réseau d'échanges entre les abbayes, selon les spécialisations de chacune.

 

Source http://www.encyclopedie-universelle.com/

A bientôt